McLaren Automotive ne tient pas la grande forme ces dernières années. Contrairement à ses résultats en Formule 1, les voitures de série ne se vendent pas très bien. Il faut dire que le constructeur de Woking est passé par une grosse période de restructuration notamment pour sa gamme mais aussi pour une partie de son personnel. Pendant ce temps-là, l’Artura a pris un peu de retard sur son lancement. C’est pourtant la première hybride de série pour le Britannique. Elle embarque un tout nouveau moteur V6 biturbo qui doit être amené à remplacer le V8 4 litres biturbo que nous avons récemment essayé dans la 750 S Spider (la meilleure supercar thermique « récente » du monde). À peine deux ans après son lancement, le constructeur revoit légèrement l’Artura et pas seulement concernant la puissance qui passe de 680 à 700 ch.
Une vraie star
Pourtant de l’extérieur, pas de changement notable. Il faut dire que, comme toute McLaren qui arrive quelque part, tout le monde se retourne à son passage. Pas besoin de basculer en mode Sport pour s’imposer, voire effrayer les passants. On active juste le mode EV, c’est-à-dire 100 % électrique, pour rouler dans un silence absolu (sauf si on souhaite se faire plaisir en l’équipant du système audio de chez Bowers & Wilkins qui, malgré l’espace très réduit de l’habitacle, vous offre une qualité sonore et un relief extraordinaires). Mais disons que McLaren sort du lot. Par son élégance, son audace très mesurée et sa fluidité, chaque personne qui la croise la trouve tout simplement belle et sobre à la fois. Le chic britannique fait plus que jamais le job ! Dans le détail, on remarque les quelques éléments en carbone mais aussi les formes parfois spectaculaires permettant d’optimiser l’aérodynamique de la voiture et son appui au sol. Pas d’aileron arrière sur ce modèle car à l’instar de la série 570S, la carrosserie suffit pour plaquer le train arrière à très haute vitesse. Une fois à bord, on retrouve une ambiance assez minimaliste. Quasiment plus de boutons sauf pour quelques détails comme le lift (permettant de lever le train avant de quelques centimètres afin de passer sereinement les dos-d’âne ou rampes de parking). Le reste se gère, soit sur l’écran, soit de part et d’autre du volant pour les modes de conduite. À gauche, la direction et la suspension pilotée et à droite, la réponse moteur, la boîte à double embrayage et la sonorité de l’échappement. Pour être tout à fait franc, restant en mode « Confort » sur la suspension, c’est plutôt à droite du volant que nous avons opté pour le mode Sport, juste histoire d’obtenir toute la sonorité du moteur V6. Sur ce point, le V8 de la 750 S vous transmette des décibels et une mélodie presque émotionnelle. Le V6 n’est pas à ce niveau mais ne démérite pas pour autant, surtout si vous le sollicitez, juste en mode Sport (pas Track).
Une supercar à part
Et c’est justement ce qui différencie Mclaren de toutes les autres supecars européennes de série : vous faire comprendre qu’à tout instant votre action sur la direction vous placera au millimètre près sur la route, qu’en fonction de votre intention sur l’accélérateur, la boîte de vitesses (en mode Auto) s’adaptera faisant tomber 4 rapports pour vous donner toute la quintessence du moteur, qu’à la moindre volonté de freinage, un esprit venu de nulle part saisi votre engin pour le ralentir très efficacement, voir le stopper (31 mètres pour passer de 100 km/h à l’arrêt complet, on joue avec les lois de la physique !). Sous la pluie, à moins d’être un pilote en GT4, mieux vaut ne rien débrancher. Pourtant, l’ESP Mclaren est permissif. 700 ch sur les roues arrière avec un moteur central logé également derrière nos sièges, avec un châssis ultra rigide (plus qu’une Ferrari 296), en coupant les aides, la moindre erreur de dosage se soldera par un 180 degrés. Alors préservons les garde-fous avec nous. Car c’est justement l’une des forces de cette marque : des aides à la conduite qui gèrent votre puissance quelle que soit la météo tout en vous offrant un réel plaisir de conduite. Toute cette expérience résulte d’un savoir-faire. En 2013, alors que nous essayions la MP4 12C, nous avions demandé aux experts McLaren pourquoi ne pas passer en 4 roues motrices avec une telle puissance (625 ch envoyés sur les roues arrière à l’époque). Réponse de l’intéressé : « Pourquoi les Formule 1 sont des propulsions ? ». Nous avions notre réponse et cela fait bientôt 15 ans que ça dure ! Mais au-delà de cette efficacité en conduite sportive, l’Artura Spider demeure une voiture « facile » au quotidien, presque confortable et dont le toit peut disparaître en 11 secondes au moindre rayon de soleil. Toutefois, même si elle échappe au super malus écologique de 70 000 euros, elle coûte cher et c’est finalement tellement normal. Et puis à ce niveau-là, tout est relatif, non ?
Les chiffres essentiels : Artura Spider
- Longueur : 4,54 mètres
- Largeur : 1,98 mètre
- Moteurs : V6 3 litres biturbo + 1 électrique pour 700 ch
- 0 à 100 km/h : 3 sec.
- V. Max : 330 km/h
- Autonomie électrique (WLTP) : 33 km
- Poids : 1 498 kg – Coffre : 160 litres (avant)
- Prix : 272 250 euros (hors options).
- Pas de malus.


















