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Somnolence au volant : un vrai danger sur la route

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’être humain est incapable de lutter contre la somnolence.

4–5 min

À l’occasion de la Journée du sommeil, le 13 mars, le docteur Marc Pfindel, médecin du sommeil fondateur du Centre du sommeil Respire en Alsace, nous explique les mécanismes du sommeil et détaille ses recommandations pour prendre le volant en toute sécurité.

Toutes les deux heures, la pause s’impose

Une recommandation bien connue, mais peu appliquée. Dans le rapport Chiffres Clés 2025 de l’Association des Sociétés Françaises d’Autoroutes (ASFA), la fatigue et la somnolence sont en cause dans 19 % des accidents mortels sur autoroute.
« Le signe cardinal des troubles du sommeil, c’est la somnolence, à savoir la difficulté à maintenir l’éveil, précise le docteur Marc Pfindel, spécialiste du sommeil depuis 2010. C’est un état entre l’éveil et le sommeil, où le corps lutte contre l’endormissement. Vous ne vous sentez pas partir, c’est immédiat. En réunion, ce n’est pas très grave. En voiture, à moto, c’est un risque énorme, et la première cause d’accident sur autoroute, devant la prise d’alcool ou de stupéfiants, car c’est tout droit et monotone : la vigilance baisse. » 

Les signaux d’alerte ?

« Quand le conducteur commence à faire des petits mouvements, à ouvrir la fenêtre, à avoir des douleurs dans la nuque, les paupières lourdes, des bâillements répétés, détaille le docteur Pfindel. Ces signes obligent à s’arrêter. » Pour recharger les batteries, rien de tel qu’une micro-sieste de 20 minutes. « Mais l’idéal reste de passer le volant, car le risque d’avoir un accident est multiplié par huit en cas de somnolence. »

Réapprendre à écouter son corps

En France, 20 millions de personnes souffrent de troubles du sommeil, soit un Français sur trois. « On a tous subi des nuits blanches, mais lorsque ça dure, il faut consulter, prévient le docteur Pfindel. On parle d’insomnie chronique à partir de trois troubles du sommeil par semaine pendant plus d’un mois. » Mais pourquoi dort-on moins bien aujourd’hui ? « Ce n’est pas nouveau, mais on en parle plus, notamment depuis 2013-2014, où le sujet est devenu à la mode dans les médias. « On dort de moins en moins bien car nos vies sont de plus en plus actives. Il faudrait réapprendre à écouter son corps. Chacun de nous connaît sa durée de sommeil idéale pour rester en forme. La dette de sommeil arrive très vite : si vous avez besoin de sept heures par nuit, mais que vous ne dormez que six heures, au bout d’une semaine, vous avez fait l’équivalent d’une nuit blanche ! Le sommeil, c’est un travail au quotidien. Car le manque de sommeil, c’est un risque d’accidentologie complet. »

Les risques du manque de sommeil

Sur la route, mais aussi un risque de maladies cardio-vasculaires, de dépression, d’anxiété… De fait, dix-sept heures de veille active équivalent ainsi à 0,5 g d’alcool dans le sang, une nuit blanche à 1 gramme ! Des chiffres surprenants mais qui illustrent bien les risques du manque de sommeil lorsque l’on prend la route. Notamment pour les vacances. « La veille du départ, vous préparez les bagages, vous vous mettez la pression pour terminer votre travail, ranger la maison, tout en vous répétant qu’il faut dormir. Or plus vous stimulez votre cerveau, moins il va entrer dans une phase de repos », rappelle le docteur Pfindel.
Le spécialiste déconseille vivement de prendre la route entre 3h et 5h du matin, « moment où la vigilance est la plus basse des 24 heures. Beaucoup d’accidents ont lieu au retour d’un travail de nuit ou sur la route du travail le matin. » Même si l’accident peut avoir lieu à tout moment. Le médecin recommande par ailleurs de prendre un repas léger avant de conduire et de s’astreindre à une micro-sieste chaque jour de 20 minutes maximum avant 14h30.

Des troubles qui ne se limitent pas à l’apnée du sommeil

Vous l’aurez compris, le manque de sommeil est un problème de santé publique. Si bien qu’une journée lui est consacrée chaque année pour sensibiliser les Français à l’importance de bien dormir. Au programme de cette édition 2026 : « Sommeil, rythmes et environnement : l’équilibre fragile de nos nuits ». L’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV) met en lumière l’importance des facteurs environnementaux dans la régulation du sommeil et des rythmes circadiens. Dormir dans une chambre dans l’obscurité complète, avec une température idéale de 17-18 degrés, favorise un meilleur sommeil. « La chambre n’est ni un salon, ni une cuisine, souligne le docteur Pfindel. Pour favoriser un meilleur sommeil, il faut éviter les écrans, l’alcool, les activités sportives intenses le soir. » En cas de difficulté, il ne faut pas hésiter à consulter. « Les troubles du sommeil ne se limitent pas à l’apnée du sommeil », rappelle le docteur Pfindel. Se faire examiner et tester n’est par ailleurs pas un luxe : en France, les examens médicaux et l’hospitalisation font partie du parcours de soins. 

Le risque en chiffres (source : Sécurité Routière)
17 heures de veille active équivalent à 0,5 g d’alcool dans le sang 
– Le risque d’avoir un accident est 8 fois plus important lorsqu’on est somnolent 
– On ne peut pas lutter contre la somnolence au volant !
– Sur l’autoroute, un accident mortel sur trois est associé à la somnolence


Pour en savoir plus

À l’occasion de la Journée du sommeil, le 13 mars, le docteur Marc Pfindel, médecin du sommeil fondateur du Centre du sommeil Respire en Alsace, nous explique les mécanismes du sommeil et détaille ses recommandations pour prendre le volant en toute sécurité.

Toutes les deux heures, la pause s’impose

Une recommandation bien connue, mais peu appliquée. Dans le rapport Chiffres Clés 2025 de l’Association des Sociétés Françaises d’Autoroutes (ASFA), la fatigue et la somnolence sont en cause dans 19 % des accidents mortels sur autoroute.
« Le signe cardinal des troubles du sommeil, c’est la somnolence, à savoir la difficulté à maintenir l’éveil, précise le docteur Marc Pfindel, spécialiste du sommeil depuis 2010. C’est un état entre l’éveil et le sommeil, où le corps lutte contre l’endormissement. Vous ne vous sentez pas partir, c’est immédiat. En réunion, ce n’est pas très grave. En voiture, à moto, c’est un risque énorme, et la première cause d’accident sur autoroute, devant la prise d’alcool ou de stupéfiants, car c’est tout droit et monotone : la vigilance baisse. » 

Les signaux d’alerte ?

« Quand le conducteur commence à faire des petits mouvements, à ouvrir la fenêtre, à avoir des douleurs dans la nuque, les paupières lourdes, des bâillements répétés, détaille le docteur Pfindel. Ces signes obligent à s’arrêter. » Pour recharger les batteries, rien de tel qu’une micro-sieste de 20 minutes. « Mais l’idéal reste de passer le volant, car le risque d’avoir un accident est multiplié par huit en cas de somnolence. »

Réapprendre à écouter son corps

En France, 20 millions de personnes souffrent de troubles du sommeil, soit un Français sur trois. « On a tous subi des nuits blanches, mais lorsque ça dure, il faut consulter, prévient le docteur Pfindel. On parle d’insomnie chronique à partir de trois troubles du sommeil par semaine pendant plus d’un mois. » Mais pourquoi dort-on moins bien aujourd’hui ? « Ce n’est pas nouveau, mais on en parle plus, notamment depuis 2013-2014, où le sujet est devenu à la mode dans les médias. « On dort de moins en moins bien car nos vies sont de plus en plus actives. Il faudrait réapprendre à écouter son corps. Chacun de nous connaît sa durée de sommeil idéale pour rester en forme. La dette de sommeil arrive très vite : si vous avez besoin de sept heures par nuit, mais que vous ne dormez que six heures, au bout d’une semaine, vous avez fait l’équivalent d’une nuit blanche ! Le sommeil, c’est un travail au quotidien. Car le manque de sommeil, c’est un risque d’accidentologie complet. »

Les risques du manque de sommeil

Sur la route, mais aussi un risque de maladies cardio-vasculaires, de dépression, d’anxiété… De fait, dix-sept heures de veille active équivalent ainsi à 0,5 g d’alcool dans le sang, une nuit blanche à 1 gramme ! Des chiffres surprenants mais qui illustrent bien les risques du manque de sommeil lorsque l’on prend la route. Notamment pour les vacances. « La veille du départ, vous préparez les bagages, vous vous mettez la pression pour terminer votre travail, ranger la maison, tout en vous répétant qu’il faut dormir. Or plus vous stimulez votre cerveau, moins il va entrer dans une phase de repos », rappelle le docteur Pfindel.
Le spécialiste déconseille vivement de prendre la route entre 3h et 5h du matin, « moment où la vigilance est la plus basse des 24 heures. Beaucoup d’accidents ont lieu au retour d’un travail de nuit ou sur la route du travail le matin. » Même si l’accident peut avoir lieu à tout moment. Le médecin recommande par ailleurs de prendre un repas léger avant de conduire et de s’astreindre à une micro-sieste chaque jour de 20 minutes maximum avant 14h30.

Des troubles qui ne se limitent pas à l’apnée du sommeil

Vous l’aurez compris, le manque de sommeil est un problème de santé publique. Si bien qu’une journée lui est consacrée chaque année pour sensibiliser les Français à l’importance de bien dormir. Au programme de cette édition 2026 : « Sommeil, rythmes et environnement : l’équilibre fragile de nos nuits ». L’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV) met en lumière l’importance des facteurs environnementaux dans la régulation du sommeil et des rythmes circadiens. Dormir dans une chambre dans l’obscurité complète, avec une température idéale de 17-18 degrés, favorise un meilleur sommeil. « La chambre n’est ni un salon, ni une cuisine, souligne le docteur Pfindel. Pour favoriser un meilleur sommeil, il faut éviter les écrans, l’alcool, les activités sportives intenses le soir. » En cas de difficulté, il ne faut pas hésiter à consulter. « Les troubles du sommeil ne se limitent pas à l’apnée du sommeil », rappelle le docteur Pfindel. Se faire examiner et tester n’est par ailleurs pas un luxe : en France, les examens médicaux et l’hospitalisation font partie du parcours de soins. 

Le risque en chiffres (source : Sécurité Routière)
17 heures de veille active équivalent à 0,5 g d’alcool dans le sang 
– Le risque d’avoir un accident est 8 fois plus important lorsqu’on est somnolent 
– On ne peut pas lutter contre la somnolence au volant !
– Sur l’autoroute, un accident mortel sur trois est associé à la somnolence


Pour en savoir plus