Pour y pallier, de nombreux moyens de déplacement alternatifs se développent depuis une dizaine d’années. Mais au quotidien, la voiture reste indétrônable. Il est encore bien compliqué de s’en défaire, notamment quand on habite en dehors d’une zone urbaine où d’autres solutions de mobilité peinent à être déployées. Mais où et comment est-elle utilisée tous les jours par les Français, et quelles sont les perspectives d’usage ?
La voiture plébiscitée pour les trajets domicile-travail
La voiture reste largement usitée pour se déplacer au quotidien, avec un réel plébiscite pour son emploi lors des trajets domicile-travail. Elle est incontestablement à ce jour la solution de mobilité privilégiée par les actifs pour se rendre au bureau.
Une enquête réalisée par l’INSEE en 2021 révèle que 74 % des actifs en emploi l’utilisent (soit environ 18,1 millions de personnes) contre 16 % les transports en commun, 8 % les moyens de mobilité douce (telle que la marche) et seulement 2 % enfourchent leur vélo pour aller travailler.
La circulation routière est ainsi composée à 92 % de voitures et de véhicules légers. On estime qu’elle connaît actuellement une augmentation de 1,5 % par an.
L’influence de la distance au quotidien
Même pour une courte distance, la voiture reste la solution de transport favorite des actifs. Mais son recours augmente très clairement en corrélation avec la distance domicile – travail :
- Moins de 5 km : 60 % des actifs utilisent leur voiture
- Entre 5 et 15 km : 77 % des actifs
- Entre 25 et 30 km : 85 % des actifs
Cette même étude a par ailleurs constaté que les travailleurs résidant dans les zones d’attraction des villes utilisent moins la voiture que les personnes habitant dans les communes situées hors de cette zone d’influence : jusqu’à 90 % des actifs y demeurant font usage de leur voiture.
Les mentalités changent… doucement… et surtout en ville
Une enquête réalisée par l’Observatoire des mobilités émergentes entre 2016 et 2018 a démontré une très légère baisse dans l’utilisation de la voiture dans les villes de plus de 20 000 habitants et les grandes agglomérations.
Ce changement est en lien avec l’offre de mobilités alternatives déployée pour le moment essentiellement en zones urbaines, ainsi que le travail sur l’intermodalité et la multimodalité entamé par les pouvoirs publics.
Cependant sur les territoires ruraux, où les temps de déplacement sont plus longs et les solutions de mobilité plus restreintes, le recours à la voiture ne baisse pas.
Un choc générationnel ?
L’Observatoire des mobilités émergentes pointe également un réel changement de mentalité auprès des nouvelles générations.
La voiture n’est plus appréhendée comme le moyen de déplacement incontournable. Au contraire, avec l’éveil des consciences face aux enjeux du dérèglement climatique, les 19-24 ans sautent le pas et utilisent de plus en plus les transports en commun (+ 6 points).
De la même façon, les 25-34 ans favorisent plus l’usage de la marche (+ 4 points) et des transports en commun (+1,6 point) depuis quelques années. À l’inverse, chez les plus de 75 ans, l’utilisation de la voiture est en forte hausse avec une augmentation de plus de 5 points.
La voiture reste le mode de transport plébiscité par les Français pour leurs déplacements quotidiens. Mais au vu de ses impacts, proposer des alternatives à son utilisation est devenue une priorité collective : des alternatives pour utiliser d’autres solutions de mobilité (vélo, micromobilité, etc.), mais aussi des alternatives pour utiliser autrement la voiture (covoiturage, autopartage). Pour que la voiture ne soit plus indispensable, mais devienne une solution de mobilité incluse au sein d’une offre multimodale déployée sur tout le territoire.


