On vous en avait parlé à l’époque. C’était en 2002, le nouveau Mercedes SL arrivait sur le marché. À l’instar d’une Classe S, quand Mercedes lance un nouveau SL, c’est un véritable événement. Tout particulièrement à cette époque où l’on innovait beaucoup plus sur le confort, la sécurité et les châssis des voitures que sur la résolution d’un écran tactile planté au milieu d’une planche de bord… Cette génération de SL met donc le paquet dans presque tous les domaines. Mais pour commencer, Mercedes revoit sa ligne. Un long capot avant (un peu comme le précédent de 1989), mais aussi des formes très galbées toutes en rondeurs, des extracteurs sur les ailes et le capot et, surtout, c’est le 2e coupé-cabriolet de l’ère moderne. Quelques années plus tôt, Mercedes révolutionne avec le SLK (le premier du genre) alors que le SL arrive juste avant la Peugeot 206 CC qui va démocratiser le concept chez les constructeurs généralistes.
Pas comme neuf mais presque !
Une fois à bord, on actionne une petite manette et le toit rigide avec sa partie en verre (ça aussi c’était une exclusivité) vient disparaître silencieusement dans le coffre en 16 secondes (uniquement à l’arrêt cependant, en roulant c’est venu beaucoup plus tard…). La présentation se veut assez épurée et haut de gamme. Selon les options choisies à l’époque, la planche de bord peut être recouverte de cuir pleine fleur ou d’un simili qui vieillit très bien avec le temps. C’est justement le cas de notre modèle d’essai. Si dans l’ensemble, les selleries cuir des sièges ou encore les contre-portes sont en parfait état à près de 25 ans d’existence, ce sont surtout les matières légèrement chromées comme les cerclages de buses d’aération qui ont moins apprécié les décennies. Des boutons, il y en a beaucoup forcément et tous ont leur fonction. La console centrale abrite notamment les 2 modes de la boîte automatique (Sport par défaut ou Wet), ou encore le mode Sport pour la suspension ABC (on vous en parle juste après). Ce qui est certain, c’est qu’on est parfaitement installé à son bord. Le volant mériterait peut-être plus d’amplitude sur l’axe profondeur.
Le plaisir de rouler
Dès le démarrage, on profite de la sonorité un peu rauque du V8 5 litres. On n’est pas dans une Mustang ou une Corvette, mais à l’heure où on met des 3 ou 4 cylindres dans des BMW et des turbos dans presque toutes les Porsche, ce petit grondement est agréable pour nos tympans… La boîte automatique à 5 rapports sur la position D laisse parler la cavalerie de 306 ch. C’est une puissance que l’on atteint à 5 700 tr/mn ce qui équivaut à un régime assez bas de nos jours. La boîte enchaîne les rapports sans trop se presser à vrai dire. Et même en utilisant les palettes derrière le volant, on reconnaît tout de suite que Mercedes a fait d’énormes progrès depuis. Nous sommes en 2002, les boîtes robotisées à simple embrayage que l’on trouve dans les Ferrari 360 Modena ou Smart Fortwo sont impressionnantes mais, de nos jours, plus personne n’en voudrait. Même constat pour les boîtes Tiptronic sur une 911 Type 996. C’est justement l’une des concurrentes, au même titre que la Jaguar XK8 à cette époque, de notre SL 500. Les rapports s’enchaînent donc paisiblement sur notre petite route de campagne. La direction se montre très précise et le rayon de braquage légendaire (on est chez Mercedes donc forcément !), mais la lourdeur de la direction se fait vite ressentir dans les enchaînements (notamment face au SL actuel) prouvant que là aussi, les choses ont évolué. Toutefois, ce véhicule était déjà à la pointe sur le freinage et la suspension. Nommé Sensotronic Brake Control (SBC), ce nouveau freinage était à commande électronique plutôt qu’hydraulique, raccourcissant le délai d’action sur la pédale. Autre détail, quand on actionne les essuie-glaces, les freins vont très légèrement pincer les disques (sans que l’on sente quoi que ce soit) tout en roulant afin d’évacuer la pellicule d’eau sur ces derniers et donc conserver le meilleur pouvoir de freinage possible. La suspension ABC (pour Active Body Control) est un système électro-hydraulique qui corrige en permanence l’assiège de la voiture en prise de courbe. Le résultat est assez bluffant puisque notre roadster de près de 2 tonnes sur la balance vire complètement à plat dans les enchaînements. À bord, nous n’avons quasiment aucun bruit parasite, preuve que cette voiture était vraiment très bien assemblée. Que l’on soit sur une petite route, sur une voie rapide, sur autoroute, ou même en ville, ce SL 500 nous rappelle que la notion de luxe du début des années 2000 n’a pas vieilli tant que ça. Bien entendu, elle est beaucoup moins sportive qu’on le souhaitait à l’époque. Pour cela, la version 55 AMG avec son V8 à compresseur était bien plus démoniaque. Mais étant plus raisonnable dans un éventuel achat coup de cœur, ce SL 500 peut se trouver autour des 26 000 euros. Comme toute voiture haut de gamme de cette époque, il conviendra de vérifier son carnet d’entretien et surtout l’état d’éléments clés comme la suspension ABC ou le système de toit escamotable, tous deux coûteux à remplacer.
Les chiffres essentiels Mercedes SL 500 R230
- Longueur : 4,54 mètres
- Moteurs : V8 5 litres essence de 306 ch
- 0 à 100 km/h : 6,3 sec.
- Conso. Moyenne : 12,7 litres/100 km
- Poids : 1 845 kg
- Coffre : 235 (cabriolet) ou 317 litres (coupé)
- Prix : 107 900 euros (2002)
- Estimation cote : entre 25 000 et 30 000 euros (2026)
- Pas de malus.






















