1,63 million de voitures immatriculées en 2025. Ce chiffre est quasiment celui annoncé par le gouvernement, 50 ans plus tôt. En 1975, deux ans après le premier choc pétrolier, fin des trente glorieuses, le chiffre n’était pas génial non plus. Sauf qu’il y a un demi-siècle, on comptait beaucoup moins d’automobiles en France pour pas loin de 16 000 tués sur les routes. Pourquoi une telle baisse ? Pour commencer, le prix des voitures neuves a littéralement explosé ! Une Renault Clio hybride ? Près de 30 000 euros. Une Fiat 500 100 % électrique ? Plus de 35 000 euros… Ces voitures étaient sous la barre des 15 000 euros il y a quelques années encore. La cause ? L’électrification des gammes et les coûts très élevés des batteries nécessaires au fonctionnement soit des systèmes hybrides, soit des versions 100 % électriques, mais pas seulement. Depuis la crise du Covid de 2020, les coûts de fabrication ont bondi, ceux des transports aussi, la crise en Ukraine n’a rien arrangé et la dépendance énergétique de l’Europe envers la Russie non plus. Et en plus de tout cela, le marché lui-même a évolué, forçant les consommateurs et les constructeurs eux-mêmes à acheter des voitures 100 % électriques car même la plupart des voitures hybrides sont maintenant soumises au malus écologique. Les aides de l’État sont quasiment impossibles à obtenir : quel foyer gagnant moins de 16 000 euros par an est en mesure d’acheter une voiture neuve ? Tout cela mis bout à bout n’incite pas à changer de voiture pour du neuf.
Malus 2026 pour (presque) tous
Si on entre dans le détail, le seuil de déclenchement du malus écologique sur les émissions en CO2 est fixé à partir de 108 g/km contre 113 en 2025. 113 g/km, seuil auquel le malus passe de 50 à 170 euros soit 240 % d’augmentation, le plus élevé de tous. Une taxe qui, au départ, était dédiée aux véhicules les plus puissants ou les plus chers concerne désormais presque tout le marché. Pour preuve, la dernière Dacia Sandero (13 290 euros en entrée de gamme) embarque un malus de 400 euros. Dommage, c’est la 3e voiture la plus vendue dans l’Hexagone. La nouvelle Renault Clio ? 190 euros de malus (mais elle est plus chère que la Sandero : 19 990 euros). Il y a 20 ans, une Mini Cooper S (163 ch) annonçait 199 g/km de CO2. Si ce moteur était encore à la vente aujourd’hui, il provoquerait 80 000 euros de malus. Logique donc de constater que quasiment plus aucune sportive ne figure parmi les catalogues des constructeurs généralistes.
Les tendances
Pour s’imposer aujourd’hui, il faut réagir très vite en proposant une gamme composée essentiellement de voitures hybrides et 100 % électrique. Renault sort largement gagnant car depuis 4 ans, le losange enchaîne les nouveautés. D’un côté, la gamme 100 % électrique avec le Scénic, la R5, la R4 (la Twingo doit arriver bientôt) et de l’autre des voitures proposées en solutions hybrides comme le Captur ou encore le Symbioz. Même la Clio, pourtant en fin de vie (la nouvelle arrive en ce moment) reste leader du marché. Renault a même vu sa part de marché passer de 16,1 à 17,5 % entre 2024 et 2025, la plus forte progression. Derrière, c’est le groupe Volkswagen qui annonce une part de 15,3 % de part de marché, mais on parle bien du groupe porté essentiellement par des marques comme Skoda, Cupra et Audi alors que Seat et Volkswagen sont moins vaillants. Bien entendu, ce sont les constructeurs chinois qui tirent le mieux leur épingle du jeu. Ils arrivent avec des produits totalement en phase avec les lois imposées par l’Europe et la France, sont moins chers que les européens. Quand la petite citadine Fiat 500e peut atteindre 40 000 euros en concession, le MGS5 EV est un SUV familial compact 100 % électrique vendu moins de 36 000 euros. La messe est dite. MG Motors France fait aussi un carton avec 3 motorisations hybrides (80 % des ventes de la marque). Bien entendu, BYD secoue également le marché avec plus de 15 voitures au catalogue. Elles sont hybrides ou électriques et surtout très bien finies. Et puis Xpeng fait également un carton avec son SUV coupé G6 bien moins cher qu’une Tesla Model Y.
Le ton est donné
De toute évidence, la tendance 2026 sera logiquement la même sur le type de voitures vendues. Ceux qui réagissent vite comme le groupe Renault peuvent encore en sortir gagnant face à la déferlante de produits chinois plus séduisants que jamais.
Les chiffres clés
Marché français 2025 – 1,63 million de voitures vendues
Top 10 des ventes par modèle (nombre de ventes – part de marché) :
- 1 – Renault Clio V (100 101 – 6,1 %)
- 2 – Peugeot 208 II (73 092 – 4,5 %)
- 3 – Dacia Sandero III (64 399 – 3,9 %)
- 4 – Peugeot 2008 II (54 634 – 3,3 %)
- 5 – Citroën C3 IV (41 127 – 2,4 %)
- 6 – Peugeot 3008 III (38 603 – 2,4 %)
- 7 – Renault 5 (37 997 – 2,3 %)
- 8 – Renault Captur II (36 912 – 2,3 %)
- 9 – Dacia Duster III (36 687 – 2,2 %)
- 10 – Toyota Yaris (33 437 – 2 %)

















