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« Tourne à gauche indirect » : c’est parti pour son expérimentation !

Face à une augmentation de la mortalité des cyclistes et des conducteurs d’engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), il a été décidé lors du Conseil interministériel de la sécurité routière (CISR) du 17 juillet 2023 de tester en France un dispositif déjà existant au Danemark : le tourne à gauche indirect.

3–4 min

Kezako le « tourne à gauche indirect » ?

Le « tourne-à-gauche indirect » est un dispositif mis en œuvre pour permettre aux cyclistes et utilisateurs d’EDPM de traverser les carrefours réglementés par des feux de signalisation, de manière plus sécurisée, en leur évitant de se positionner au milieu de l’intersection.

En effet, jusqu’àlors, lorsqu’un cycliste ou un utilisateur d’EDPM souhaite tourner à gauche dans une intersection, il se positionne généralement à gauche et au milieu du carrefour et attend qu’il n’y ait plus de véhicule en face pour s’engager et franchir l’intersection. Lorsque la circulation est dense, cette situation peut se révéler extrêmement dangereuse pour le cycliste, usager vulnérable.

Pour y remédier, la méthode du « tourne à gauche indirect » se déroule de la manière suivante :
Le cycliste ou conducteur d’EDPM arrive à l’intersection où il souhaite tourner à gauche. Il traverse tout d’abord le trafic pour aller se positionner dans le sas cycliste, aménagé à cet effet et positionné en aval du feu, dans la rue de droite. Au feu vert, il peut ensuite traverser l’intersection, en allant tout droit.

© Comité Interministériel de la Sécurité Routière du 17/07/2023

Comment les usagers de la route sont informés de la mise en place de ce nouveau dispositif ?

Cette expérimentation est signalée par :

  • un panneau (horizontal ou vertical) visant à informer de la manœuvre à effectuer pour tourner à gauche de manière indirecte,
  • un marquage au sol permettant d’indiquer aux cycles et EDPM leur espace d’attente et la position dans l’espace d’attente.

Les objectifs de cette expérimentation

Cette expérimentation a pour but d’évaluer les apports et inconvénients éventuels de la méthode de tourne-à-gauche indirect en termes de sécurité routière, de cohabitation entre les usagers de la route, de facilité de mise en œuvre, à la fois pour les cyclistes et conducteurs d’EDPM et aussi pour les gestionnaires de voirie. Elle permettra également de vérifier son adaptabilité à différentes configurations de carrefours, ainsi que son acceptabilité.

Quels sont les départements qui vont tester ce dispositif ?

Consécutivement à un appel à manifestation d’intérêt émis en décembre 2024 par la délégation à la sécurité routière et la direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités, 4 collectivités se sont portés candidates pour expérimenter cette nouvelle méthode. Le tourne-à-gauche indirect va ainsi être expérimenté sur des carrefours des communes :

  • de Nantes (Loire-Atlantique),
  • de Strasbourg (Bas-Rhin),
  • des Hauts-de-Seine (92),
  • du Val-de-Marne (94).

© Sécurité Routière

Durée de l’expérimentation

Cette expérimentation va durer 36 mois à compter de la publication des textes officiels pour permettre d’évaluer les apports en termes de sécurité routière et de cohabitation entre usagers de cette méthode du tourne-à-gauche indirect.   

Comment l’expérimentation sera-t-elle évaluée ?

Cette expérimentation se déroulera en 3 phases et donnera lieu à la rédaction de 3 rapports :

  • un rapport « état 0 », au plus tard 6 mois après le lancement de l’expérimentation, présentant l’analyse du fonctionnement courant du carrefour et mesure des indicateurs associés à ce fonctionnement ;
  • un rapport intermédiaire à 18 mois ;
  • un rapport de synthèse à 30 mois, soit 6 mois avant le terme de l’expérimentation.

Ces rapports comporteront notamment une analyse des points suivants :

  • Compréhension du dispositif par les usagers (quel que soit leur mode de déplacement)
  • Evolution des comportements et des conflits cyclistes / piéton /véhicules
  • Evolutions de l’accidentalité impliquant les cyclistes et utilisateurs d’EDPM
  • Situations à risque
  • L’impact du dispositif sur la fluidité du trafic
  • Facilité d’appréhension de la signalisation proposée
  • Pratique du TAG indirect par les usagers non autoruinés
  • Autres effets éventuels

Le CEREMA établira un rapport de synthèse des évaluations produites par les collectivités qui testent de dispositif et dressera un bilan national de l’expérimentation.


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