Allez, taillons dans le vif ! Le marché automobile est non seulement morose mais jamais les voitures proposées n’ont été aussi fades. Entendons-nous bien, on parle ici des constructeurs généralistes qui, en dehors de quelques rares exceptions comme Mini, la Renault 5, le MG Cyberster, se cantonnent à nous sortir des SUV 100 % électrique en oubliant volontairement les coupés ou les cabriolets. Aujourd’hui, pour avoir un coupé il faut aller chez BMW, on compte la Série 2 qui démarre à un peu plus de 50 000 euros, ou chez Mercedes avec le très beau CLE (67 700 euros, il est plus grand que la Série 2, normal), alors que chez Audi, on a tellement fait le ménage au sein de la gamme qu’il n’y a tout simplement plus de coupé ou de cabriolet. Après, il faut aller beaucoup plus haut et flirter avec les supercars et là forcément, c’est inaccessible. La bonne nouvelle, car c’est vraiment une bonne nouvelle, c’est que Honda lance un nouveau coupé Prelude hybride.
Une belle lignée
Petit retour en arrière. Nous sommes en 1978, Honda lance le coupé Prelude. À l’époque, cette voiture emprunte beaucoup d’éléments à la berline Accord mais est plus courte de 25 centimètres. Pas question de parler de sportivité, le moteur annonce 72 ch et la voiture met presque 20 secondes pour être à 100 km/h, mais le look fait tout le reste. Le style de cette première Prelude et son côté « badass » en fait encore de nos jours une voiture très attachante. En 1983, la seconde génération affiche un look plus affirmé et plus futuriste. Les moteurs gagnent aussi bien en puissance qu’en performance. Le bond technologique s’opère sur la 3e génération en 1988 avec pour la première fois, l’utilisation de roues arrière directrices. Si, aujourd’hui, ce dispositif est devenu incontournable sur les grandes berlines ou les grands SUV, et même sur les Porsche 911, à cette époque la Prelude Mk3 est tout simplement en avance de presque 40 ans ! Très vite, Honda enchaîne avec une 4e génération (1992) dont la ligne s’est adoucie et se révèle peut-être un peu trop sage face aux précédentes générations. Sous le capot toutefois, on voit naître la technologie VTEC avec un bloc de 187 ch qui chante haut dans les tours. Entre 1997 et 2001, la 5e Prelude signe, en quelque sorte, la fin d’une saga. Le succès est moins au rendez-vous, notamment aux États-Unis. À cette époque, beaucoup de constructeurs généralistes lancent des coupés (Peugeot 406 par exemple) ou des petits roadsters abordables (BMW Z3, Audi TT, Mercedes SLK), les coupé-cabriolets font également leur apparition. Mais si l’histoire de la Prelude pouvait reprendre avec un véhicule totalement dans l’ère du temps ?
Prelude 6, le coup de foudre
Long de 4,53 mètres, ce nouveau coupé Prelude est assez compact. Esthétiquement, il ne fait référence à aucun de ses prédécesseurs. À vrai dire, la face avant fait plus penser à un esprit NSX alors que la partie arrière très tombante équilibre parfaitement l’ensemble. Cette nouvelle Prelude ne fait absolument pas de tape à l’œil, mais elle est dynamique et dans le paysage automobile actuel, croyez-vous, elle attire déjà beaucoup les regards. Une fois à bord, nous sommes face à une présentation irréprochable que l’on pourra comparer sous certains détails à celle de la dernière Honda Civic, mais avec une planche de bord un peu plus cossue. Tout est idéalement agencé et tombe très bien sous la main, et il faut reconnaître que l’ensemble est parfaitement assemblé comme toujours. Les sièges avant bi-ton offrent un parfait maintien et se distinguent l’un de l’autre en termes de confort. Celui du côté passager est plus moelleux. À l’arrière, le confort se veut plus spartiate et c’est bien normal puisque nous sommes justement dans un coupé long de 4,53 mètres. Le coffre assure une belle contenance, surtout si on décide de rabattre les deux petits dossiers de sièges, on obtient un espace plat de plus de 660 litres.
Le plaisir sans aller vite
Le vrai coup de cœur de cette voiture, c’est quand on en prend le volant. Avec une puissance de 184 ch, il n’est pas question d’annoncer des chiffres défiants les lois de la physique. Cette traction bénéficie d’un train avant parfaitement réglé et ne semble jamais pouvoir être mis à défaut lors des fortes sollicitations. La direction précise et facile rend ce coupé Prelude très agile dans les enchaînements. La petite nouveauté très originale consiste à activer le programme S+ Shift qui, à défaut de modifier le niveau de performances, apporte plus de sensations au conducteur. Ce coupé est non seulement facile au quotidien, mais de surcroît il apporte un vrai plaisir de conduite que l’on ne trouve qu’en allant chercher des supercars bien plus onéreuses forcément. Alors oui, elle n’utilise pas de roues directrices arrière comme certaines de ses aïeules, mais cette nouvelle Prelude n’en a pas besoin. Dernière bonne nouvelle, elle est vendue juste sous la barre des 50 000 euros. Bien entendu, cela reste une somme, mais au regard, là encore, de tout ce que l’on peut trouver sur le marché en matière de coupé ou de voiture « plaisir », cette nouvelle Honda Prelude est un cas très rare et, surtout, notre coup de cœur de l’année 2025 !
Les chiffres essentiels Honda Prélude
- Longueur : 4,53 mètres
- Moteurs : 4 cyl. 2 litres + électrique pour 184 ch
- 0 à 100 km/h : 8,2 sec.
- Conso. Moyenne : 5,2 l/100 km
- V. Max : 188 km/h
- Poids : 1 473 kg
- Coffre : de 264 à 663 litres
- CO2 : 117 g/km
- Prix : 49 900 euros
- Malus : 240 euros





















